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Animal Vietnam : les espèces fascinantes à découvrir au fil d’un voyage

Au Vietnam, la vie sauvage ne se contente pas de se cacher au fond des jungles. Elle s’invite dans les rizières, glisse entre les racines des mangroves, plane au-dessus des montagnes et s’agite dans les eaux turquoise de la baie de Lan Ha. Entre deux bols de phở et une traversée en scooter, le pays offre un incroyable aperçu de la biodiversité d’Asie du Sud-Est.

Le Vietnam abrite des espèces rares, parfois endémiques, dont certaines ne vivent nulle part ailleurs. Mais cette richesse reste fragile : déforestation, braconnage, trafic d’animaux et pression touristique menacent de nombreux écosystèmes. Observer un animal dans son milieu naturel est donc une chance, presque un privilège. Encore faut-il savoir où chercher, comment se comporter et accepter que la nature ne fonctionne pas sur commande.

Le douc à pattes rouges, le joyau de la forêt vietnamienne

S’il fallait élire l’animal le plus élégant du Vietnam, le douc à pattes rouges serait un candidat sérieux. Ce singe arboricole possède un visage fin, un ventre clair, des bras gris et surtout des pattes d’un rouge orangé spectaculaire. On dirait qu’il s’est habillé pour une cérémonie, alors qu’il passe l’essentiel de ses journées dans la canopée.

Le douc à pattes rouges vit principalement dans les forêts tropicales du centre du pays, notamment autour de la péninsule de Son Tra, près de Da Nang, ainsi que dans certaines zones protégées du centre du Vietnam. La réserve naturelle de Son Tra est souvent surnommée la « montagne des singes ». Elle constitue l’un des meilleurs endroits pour tenter d’apercevoir ces primates.

La rencontre demande cependant de la patience. Les doucs se déplacent dans les arbres, parfois très haut, et leur pelage se confond avec les feuillages. Un guide naturaliste équipé de jumelles peut faire toute la différence. Évitez les cris, les gestes brusques et les aliments : nourrir un animal sauvage transforme rapidement une observation magique en problème écologique.

Le langur de Delacour, un primate en sursis

Dans les paysages karstiques de la province de Ninh Binh, les falaises calcaires semblent sortir de la brume comme les décors d’un film d’aventure. Ces reliefs abritent une espèce beaucoup plus discrète : le langur de Delacour. Avec son pelage noir, sa barbe blanche et sa silhouette agile, ce primate est l’un des animaux les plus menacés au monde.

Le langur de Delacour est endémique du nord du Vietnam. Autrement dit, il n’existe naturellement nulle part ailleurs. Sa population sauvage a longtemps décliné à cause de la chasse et de la disparition de son habitat. Des programmes de conservation menés dans la réserve naturelle de Van Long ont toutefois permis de mieux protéger les groupes restants.

Une balade en barque à Van Long peut offrir une chance d’apercevoir un groupe sur une paroi rocheuse. Le silence de la zone renforce l’expérience : ici, pas de moteur vrombissant ni de musique à plein volume. On avance doucement sur l’eau, au rythme des rameurs, avec les montagnes en toile de fond. Et si les langurs restent invisibles, le paysage mérite déjà largement le déplacement.

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Les gibbons, acrobates matinaux de la jungle

Le Vietnam compte plusieurs espèces de gibbons, ces petits singes arboricoles reconnaissables à leurs bras démesurément longs et à leurs chants puissants. Leur cri traverse la forêt sur plusieurs centaines de mètres. Au petit matin, leur duo vocal peut donner l’impression que la jungle se réveille en fanfare.

Le parc national de Cat Tien, dans le sud du pays, est notamment connu pour ses gibbons à joues jaunes. Des sorties guidées sont organisées tôt le matin afin d’écouter leurs appels et d’observer leur déplacement dans les arbres. Le départ avant l’aube pique un peu, surtout après une soirée passée à goûter les spécialités locales, mais la récompense est souvent au rendez-vous.

Les gibbons sont particulièrement sensibles à la fragmentation des forêts. Ils se déplacent de branche en branche et ont besoin d’une canopée continue pour se nourrir et rejoindre les différents territoires. En voyage, choisir une excursion encadrée par un parc ou une association sérieuse contribue à soutenir les initiatives de protection plutôt que les attractions qui capturent ou exhibent des animaux.

Le saola, la mystérieuse licorne asiatique

Le saola est probablement l’un des mammifères les plus énigmatiques de la planète. Découvert par la science en 1992 dans les montagnes du centre du Vietnam et du Laos, il ressemble à une petite antilope dotée de longues cornes parallèles. Sa discrétion est telle qu’il est parfois surnommé la « licorne asiatique ».

Très peu d’observations directes ont été réalisées. Le saola vit dans les forêts montagneuses de la cordillère annamitique, une région difficile d’accès et couverte d’une végétation dense. Les scientifiques s’appuient notamment sur des pièges photographiques et des indices laissés dans la forêt pour mieux comprendre ses habitudes.

Il ne faut donc pas espérer cocher « saola » sur une liste d’animaux aperçus au Vietnam. Son intérêt tient aussi à ce qu’il représente : les espaces encore mystérieux de la planète et l’importance de préserver des habitats que nous connaissons à peine. Une randonnée dans les régions montagneuses du centre devient alors une immersion dans un monde où la nature garde encore quelques secrets.

Les éléphants d’Asie dans les forêts du centre

Les éléphants d’Asie ont autrefois occupé une grande partie du Vietnam. Aujourd’hui, leur présence est devenue extrêmement rare. Quelques groupes subsistent dans certaines forêts du centre, notamment dans la province de Dak Lak et autour du parc national de Yok Don.

Le parc de Yok Don a progressivement abandonné les promenades à dos d’éléphant au profit d’approches plus respectueuses. Il est possible d’observer les animaux à distance, de suivre leurs déplacements ou de découvrir les enjeux liés à leur protection avec des guides locaux.

Cette évolution mérite d’être soulignée. Monter sur un éléphant peut sembler folklorique sur une brochure touristique, mais les méthodes utilisées pour domestiquer ces animaux sont souvent douloureuses et leur quotidien, loin de leur environnement naturel. Préférez les sanctuaires et programmes qui ne proposent ni contact forcé, ni spectacle, ni baignade avec les éléphants. Un éléphant n’est pas un pédalo avec des oreilles.

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Les oiseaux rares des parcs nationaux

Pour les passionnés d’ornithologie, le Vietnam est un formidable terrain d’exploration. Les forêts, zones humides et mangroves accueillent des centaines d’espèces d’oiseaux, dont certaines sont difficiles à observer ailleurs en Asie.

Le parc national de Cat Tien abrite notamment des calaos, des barbets, des martins-pêcheurs et de nombreux rapaces. Le parc national de Cuc Phuong, au sud de Hanoi, est réputé pour ses forêts anciennes et ses programmes de protection des oiseaux et des primates. Dans le delta du Mékong, le parc national de Tram Chim accueille de grandes colonies d’oiseaux d’eau, notamment pendant la saison migratoire.

Le parc de Tram Chim, dans la province de Dong Thap, protège un écosystème de zones humides exceptionnel. On peut y observer des aigrettes, des hérons, des jacanas et, avec beaucoup de chance, la gracieuse grue antigone. Cette dernière, haute sur pattes et dotée d’un plumage gris élégant, fait partie des oiseaux emblématiques des plaines inondables d’Asie du Sud-Est.

Pour maximiser vos chances, partez tôt le matin, munissez-vous de jumelles et portez des vêtements discrets. Les oiseaux n’apprécient guère les voyageurs habillés comme des panneaux publicitaires fluo.

Les tortues marines et la vie sauvage du littoral

Le Vietnam possède plusieurs milliers de kilomètres de côtes et de nombreuses îles. Ses eaux abritent des tortues marines, des dugongs, des dauphins et une grande variété de poissons et de coraux. L’île de Con Dao, au large du sud du pays, est l’un des principaux sites de ponte des tortues vertes et des tortues imbriquées.

Durant la saison de reproduction, des sorties nocturnes peuvent être organisées avec les équipes de conservation. L’expérience est intense : sur la plage plongée dans l’obscurité, une tortue avance lentement vers le sable, creuse son nid puis regagne la mer. Il faut rester silencieux, ne pas utiliser de flash et suivre strictement les consignes des accompagnateurs.

Dans les eaux de Phu Quoc, de Con Dao ou autour de la baie de Nha Trang, la plongée permet d’observer poissons tropicaux et récifs coralliens. Toutefois, le tourisme marin n’est pas sans impact. Ne touchez jamais les coraux, ne poursuivez pas les tortues et évitez les crèmes solaires contenant des substances nocives pour les récifs. Une combinaison légère ou une protection adaptée peut réduire la quantité de crème utilisée.

Les pangolins, petits blindés menacés

Le pangolin ressemble à une créature inventée par un illustrateur un peu rêveur : un museau allongé, des griffes puissantes et un corps couvert d’écailles. Lorsqu’il se sent menacé, il se roule en boule, transformant son armure naturelle en mécanisme de défense.

Le Vietnam abrite le pangolin javanais et le pangolin de Chine. Ces animaux nocturnes se nourrissent principalement de fourmis et de termites. Ils sont malheureusement victimes d’un trafic intense, leurs écailles étant utilisées dans certaines médecines traditionnelles malgré l’absence de preuve scientifique solide concernant leurs prétendues vertus.

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Il est très improbable d’en observer un dans la nature lors d’un voyage classique. En revanche, certains centres spécialisés, comme ceux dédiés à la sauvegarde de la faune sauvage, permettent de mieux comprendre les actions de sauvetage et de réhabilitation. Vérifiez toujours que ces structures ont une vraie mission de conservation et ne se contentent pas d’exposer des animaux pour attirer les visiteurs.

À la rencontre des crocodiles et des reptiles du Vietnam

Les zones humides vietnamiennes abritent plusieurs espèces de reptiles. Le crocodile du Siam, autrefois largement répandu, a presque disparu à l’état sauvage dans le pays. Des programmes de réintroduction et de protection tentent de restaurer certaines populations dans les régions adaptées.

Dans les forêts et les campagnes, il est également possible de croiser des varans, des geckos, des serpents et de nombreux amphibiens. Le Vietnam possède une diversité remarquable de grenouilles, dont certaines espèces ont été découvertes récemment dans les montagnes du nord.

Une randonnée nocturne avec un guide expérimenté révèle un autre visage de la forêt. Les sons changent, les insectes deviennent les vedettes et les petites créatures sortent de leurs cachettes. Ne manipulez jamais un reptile ou un amphibien pour prendre une photo : certaines espèces sont venimeuses, et le stress peut leur être fatal.

Conseils pour observer les animaux sans leur nuire

La meilleure rencontre animalière est celle qui laisse l’animal parfaitement indifférent. Voici quelques réflexes simples à adopter au Vietnam :

  • Choisissez des parcs nationaux, guides et agences engagés dans la conservation locale.
  • Gardez vos distances et utilisez des jumelles plutôt que de chercher à vous approcher.
  • Ne nourrissez jamais un animal sauvage, même s’il semble habitué aux visiteurs.
  • Refusez les spectacles, selfies avec animaux, promenades à dos d’éléphant et attractions impliquant des contacts forcés.
  • Ne ramassez ni coraux, ni coquillages, ni plantes, et ne rapportez aucune partie d’animal.
  • Emportez vos déchets, limitez le plastique et utilisez une gourde réutilisable.
  • Respectez les périodes de fermeture et les sentiers balisés dans les zones protégées.
  • Signalez aux autorités ou aux associations locales les situations de braconnage ou de trafic animalier.

Le Vietnam se découvre aussi par ses animaux : un chant de gibbon dans la brume, une tortue qui rejoint la mer, un douc immobile dans les feuillages ou une grue qui traverse lentement une plaine humide. Ces instants ne sont jamais garantis, et c’est précisément ce qui les rend précieux.

En voyageant avec patience et respect, on ne se contente pas de collectionner de belles photos. On participe, à son échelle, à la protection des forêts, des montagnes et des littoraux qui font du Vietnam l’un des territoires les plus fascinants d’Asie du Sud-Est.

Jeff

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