Le monde
enchanté
de l'eau embouteillée

Législation

En 1605, Henri IV institue la protection des eaux minérales du royaume bénéfiques à la santé en promulguant un édit :
le premier pas de la législation nationale pour l’eau.,
À la fin du XIXe siècle, l’hydrologie est enseignée dans les écoles de pharmacie.
Suite à un décret
de 1922,
l’appellation « eau minérale » est réservée aux eaux « dotées de propriétés thérapeutiques »,
Les bouteilles sont vendues uniquement
en pharmacie.
,

L'eau « médicament »




Décret n° 57-404 du 28 mars 1957 Décret relatif à la police et à la surveillance des eaux minérales, il permet pour la première fois, de modifier la qualité d’une eau minérale grâce à certains traitements, notamment la déferrisation et la regazéification, l’autorisation de mélanger plusieurs eaux de même nature et celle de transporter l’eau par des canalisations avant l’embouteillage.
La déferrisation permet d’éliminer les particules en suspension et les dépôts rougeâtres, rendant l’eau plus attractive tout en améliorant ses qualités gustatives.
L’autorisation
de transport à distance
par des canalisations permet le développement d’usines plus vastes tout en respectant le périmètre de protection de la source.
La productivité prend son essor grâce à la possibilité de mélanger plusieurs eaux de même nature. Il est dorénavant possible de recueillir de l’eau de plusieurs sources, parfois géographiquement éloignées, et de les vendre sous une même marque.
1964
À l’autorisation d’exploiter une source vient s’ajouter celle d’embouteiller : pour l’obtenir, des mises aux normes sanitaires plus exigeantes sont imposées aux ateliers d’embouteillage.
Certains petits exploitants durent arrêter leur activité, tandis que
de véritables entreprises hydro-sanitaires voient le jour.

Années 1960 :
La vente
des eaux minérales sort des rayons des pharmacies

La Directive de 1980
stipule qu’une eau minérale n’est plus caractérisée par des « propriétés thérapeutiques », mais peut être « favorable à la santé ».
Définition et classification
des eaux préemballées destinées à la consommation humaine

Sur le plan réglementaire, les eaux embouteillées appartiennent à trois catégories différentes :
• Les eaux minérales naturelles :
ces eaux proviennent d’une nappe ou d’un gisement souterrain et se caractérisent par une « stabilité de ses caractéristiques essentielles, notamment de composition et de température à l’émergence, qui n’est pas affectée par le débit prélevé ».
Leurs compositions chimiques particulières ne sont pas tenues de respecter la réglementation sur les eaux destinées à la consommation humaine, c’est-à-dire qu’elles peuvent contenir de fortes teneurs en certains éléments – par exemple du fluor (déconseillé pour les jeunes enfants), du sodium (déconseillé pour les personnes souffrant de tension)…
Elles ne peuvent être traitées, mais une regazéification au gaz naturel est autorisée.
• Les eaux de source :
« Une eau de source est une eau d’origine souterraine microbiologiquement saine et protégée contre les risques de pollution, apte à la consommation humaine sans traitement et sans adjonction autres que ceux autorisés pour cette eau (…).
Une eau de source est exploitée par une ou plusieurs émergences naturelles ou forées. »
• Les eaux rendues potables par traitement :
« Une eau rendue potable par traitement, préemballée, autre qu’une eau minérale naturelle ou qu’une eau de source, doit satisfaire les exigences de qualité définies par les dispositions réglementaires (…). »
Les eaux rendues potables par traitement sont peu vendues en France. Appelée purified water ou drinking water en anglais, on l'appelle généralement « eau de table » en France.
Cette eau peut être produite par « distillation, déionisation, osmose inversée ou tout autre traitement adéquate », selon la International Bottled Water Association (IBWA, 2000).
Elle peut être chimiquement traitée dans le but d’en faire disparaître certains composants ; des eaux de compositions différentes peuvent être mélangées…
Il y a très peu de différences entre la purified water
et de l’eau du robinet, hormis dans les méthodes
de distribution et le prix au détail.