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4×4 en Islande : itinéraire, conseils et paysages à couper le souffle

4x4 en Islande : itinéraire, conseils et paysages à couper le souffle

4x4 en Islande : itinéraire, conseils et paysages à couper le souffle

L’Islande est une terre qui donne envie de prendre la route sans trop savoir où elle va nous mener. Une piste noire qui file entre deux glaciers, une cascade qui surgit derrière un virage, un renard arctique aperçu au loin… Avec un 4×4, le pays se dévoile autrement. On quitte la route circulaire, on s’enfonce dans les hautes terres et l’on découvre une Islande plus brute, plus silencieuse, parfois franchement spectaculaire.

Mais conduire un 4×4 en Islande ne s’improvise pas complètement. Les pistes F, les gués, la météo changeante et les distances imposent un minimum de préparation. Voici un itinéraire de deux semaines, des conseils pratiques et quelques paysages capables de faire oublier, pendant cinq minutes, le prix du carburant islandais.

Pourquoi choisir un 4×4 pour découvrir l’Islande ?

La route circulaire, la fameuse Route 1, permet déjà de visiter une grande partie des incontournables du pays avec une voiture classique. Pourtant, elle ne mène pas partout. Les pistes de montagne, identifiées par la lettre F, sont réservées aux véhicules adaptés. Elles ouvrent l’accès aux hautes terres, aux volcans, aux déserts de lave et aux vallées où l’on croise parfois davantage de moutons que de voyageurs.

Un 4×4 offre aussi plus de confort sur les routes secondaires caillouteuses. Attention toutefois : il ne transforme pas votre véhicule en char d’assaut. Un petit SUV urbain n’est pas forcément autorisé sur les pistes F, et certains itinéraires nécessitent un véritable véhicule tout-terrain avec une garde au sol suffisante.

Avant de réserver, vérifiez les conditions de location. La mention « 4×4 » ne suffit pas toujours. Demandez notamment :

En Islande, une erreur de trajectoire dans un gué peut coûter beaucoup plus cher qu’une excursion guidée. Le 4×4 est donc un outil de liberté, mais il demande aussi du respect et un peu d’humilité.

Quand partir pour un road trip en 4×4 ?

La meilleure période pour explorer les hautes terres s’étend généralement de la fin juin au début septembre. Les pistes F ne sont ouvertes que lorsque les conditions le permettent, souvent après la fonte des neiges. La date d’ouverture varie chaque année : il faut impérativement consulter l’état des routes avant de partir.

Juillet et août offrent les journées les plus longues et les meilleures chances d’accéder aux pistes de montagne. C’est aussi la période la plus fréquentée et la plus chère. En septembre, la lumière devient plus douce, les touristes se raréfient et les premières aurores boréales peuvent apparaître. En contrepartie, certaines routes ferment rapidement en fonction de la météo.

Hors été, les conditions deviennent nettement plus exigeantes. Certaines routes sont fermées, les tempêtes peuvent surgir en quelques heures et la conduite sur neige ou verglas réclame une vraie expérience. Pour un premier voyage en Islande, l’été reste le choix le plus simple si l’objectif est de parcourir les pistes F en autonomie.

Itinéraire de deux semaines en Islande avec un 4×4

Cet itinéraire combine la route circulaire et plusieurs incursions dans les terres. Il reste ambitieux : en Islande, les kilomètres ne racontent pas toute l’histoire. Entre les arrêts photo, les randonnées et les routes parfois lentes, une journée de 200 kilomètres peut déjà remplir largement son agenda.

Jours 1 et 2 : Reykjavík et le Cercle d’or

Après avoir récupéré votre véhicule à l’aéroport de Keflavík, prévoyez une première nuit tranquille à Reykjavík ou dans ses environs. Le décalage horaire, le vent et l’excitation du départ forment un trio assez efficace pour vous rappeler que vous n’êtes pas invincible.

Le lendemain, partez sur le Cercle d’or. Le parc national de Þingvellir marque l’endroit où les plaques tectoniques américaine et eurasienne s’éloignent progressivement. Continuez vers Geysir, où le geyser Strokkur jaillit régulièrement, puis rejoignez Gullfoss, une cascade monumentale qui plonge dans un canyon avec une énergie presque insolente.

Si les conditions sont bonnes et que votre véhicule est adapté, la piste de Kjölur, la F35, permet de traverser l’intérieur du pays entre les glaciers Langjökull et Hofsjökull. Le site géothermique de Hveravellir constitue une halte mémorable, avec ses sources chaudes au milieu d’un paysage minéral. Il est possible de poursuivre vers le nord, mais cette traversée demande une bonne météo et une organisation précise.

Jours 3 et 4 : la côte sud et ses cascades

La côte sud rassemble quelques-uns des paysages les plus impressionnants du pays. Première étape : Seljalandsfoss, une cascade derrière laquelle on peut marcher lorsque le sentier est accessible. Prévoyez une veste imperméable. Ici, la douche n’est pas comprise dans le prix de l’entrée, mais elle est offerte par la nature.

Un peu plus loin, Skógafoss déploie un mur d’eau de près de 60 mètres. Par temps ensoleillé, un arc-en-ciel apparaît souvent dans ses embruns. Depuis Skógar, une randonnée permet également de rejoindre d’autres cascades le long de la rivière Skógá.

Continuez vers la plage noire de Reynisfjara, près de Vík. Les colonnes de basalte, les falaises et les vagues puissantes composent un décor presque cinématographique. Éloignez-vous du bord : les vagues dites « sneaker waves » peuvent remonter beaucoup plus loin que les précédentes et emporter une personne en quelques secondes.

Pour une première expérience sur piste, la F208 vers Landmannalaugar est l’une des grandes vedettes du voyage. Elle traverse des paysages volcaniques aux couleurs étonnantes : montagnes de rhyolite, champs de lave, vallées fumantes et rivières à traverser. Selon l’état de la piste, l’accès peut être long et exigeant. Landmannalaugar mérite au moins une journée complète, notamment pour une randonnée dans les montagnes de Brennisteinsalda ou autour du Laugahraun.

Jours 5 et 6 : Skaftafell, Jökulsárlón et les glaciers

La route longe ensuite de vastes étendues de sable noir avant d’atteindre le parc national du Vatnajökull. À Skaftafell, plusieurs sentiers permettent d’approcher des paysages glaciaires. La randonnée vers Svartifoss mène à une cascade entourée de colonnes basaltiques, tandis que d’autres itinéraires offrent des panoramas sur les langues de glace.

Plus à l’est, la lagune glaciaire de Jökulsárlón ressemble à une galerie d’art flottante. Des blocs de glace bleutés dérivent lentement avant de rejoindre l’océan. De l’autre côté de la route, Diamond Beach accueille les morceaux de glace rejetés sur le sable noir. La lumière change rapidement, et le même paysage peut sembler complètement différent en quelques minutes.

Une excursion en bateau amphibie ou en zodiac permet d’observer les icebergs de plus près. Pour marcher sur un glacier, faites appel à un guide professionnel : les crevasses sont invisibles depuis la surface et la glace n’est pas un terrain de promenade improvisée.

Jours 7 et 8 : les fjords de l’Est

Les fjords de l’Est sont souvent oubliés par les itinéraires trop rapides. C’est dommage. La route serpente entre montagnes abruptes, petits ports et plages isolées. Les villages de Djúpivogur, Seyðisfjörður et Borgarfjörður eystri offrent une ambiance plus paisible, loin des grands parkings touristiques.

À Seyðisfjörður, les maisons colorées et la route arc-en-ciel menant à l’église sont devenues célèbres, mais le fjord mérite surtout que l’on prenne le temps de marcher. Dans la région, les randonnées sont nombreuses et les rencontres avec les macareux possibles durant la belle saison.

La piste F939, connue sous le nom de Öxi, peut constituer un raccourci spectaculaire entre certains secteurs, mais elle est étroite, escarpée et dépend fortement des conditions. Ne la choisissez pas uniquement parce qu’elle apparaît plus courte sur une carte. En Islande, le chemin le plus direct n’est pas toujours le plus rapide.

Jours 9 et 10 : le nord de l’Islande

En remontant vers le nord, faites étape autour du lac Mývatn. La région concentre des formations volcaniques étonnantes : pseudo-cratères de Skútustaðagígar, solfatares de Hverir, champs de lave de Dimmuborgir et cratère de Hverfjall. Les odeurs de soufre sont parfois puissantes, mais elles font partie du spectacle. Disons simplement qu’il vaut mieux éviter d’y organiser un pique-nique romantique.

La cascade de Goðafoss, la « cascade des dieux », se trouve près de la route circulaire. Elle est facilement accessible et particulièrement belle lorsque la lumière rasante du soir souligne ses larges chutes.

Depuis Húsavík, une sortie en mer permet d’observer des baleines. Choisissez si possible une compagnie engagée dans une approche responsable : distance avec les animaux, vitesse réduite et limitation du nombre de bateaux autour des cétacés sont des critères importants.

Jours 11 et 12 : les hautes terres et Askja

Pour une véritable aventure en 4×4, la piste F88 mène vers Askja, dans les hautes terres du centre-est. Le paysage devient progressivement lunaire : désert de cendres, montagnes sombres, coulées de lave et horizons presque irréels. Le volcan Askja est notamment connu pour son immense caldeira et le cratère Viti, qui abrite une eau d’un bleu saisissant.

Cette zone est réservée aux conducteurs expérimentés. Les rivières peuvent être profondes, les points de ravitaillement rares et le réseau téléphonique limité. Il faut vérifier l’ouverture de la piste, disposer de suffisamment d’eau et de nourriture, et informer quelqu’un de son itinéraire.

Si vous préférez une option plus accessible, la piste F35 vers Kerlingarfjöll offre également des paysages de haute montagne remarquables. Les montagnes orange et les vallées géothermiques de Hveradalir donnent l’impression d’avoir atterri sur une autre planète, sans même avoir besoin de passer la douane.

Jours 13 et 14 : retour vers Reykjavík par l’ouest

Pour terminer la boucle, rejoignez la péninsule de Snæfellsnes. On y trouve une étonnante concentration de paysages islandais : falaises, plages noires, champs de lave, petits ports, cascades et volcans. Le mont Kirkjufell, près de Grundarfjörður, est l’un des sommets les plus photographiés du pays.

Le parc national de Snæfellsjökull mérite une journée, notamment pour ses sentiers côtiers et ses formations rocheuses. À Arnarstapi, une promenade longe les falaises jusqu’à Hellnar. Les arches de basalte et les oiseaux marins rendent la marche particulièrement agréable par temps calme.

Terminez par une nuit à Reykjavík ou près de l’aéroport, selon l’horaire de votre vol. Gardez une marge : la météo islandaise aime parfois modifier les programmes avec l’assurance d’un metteur en scène un peu facétieux.

Conduire sur les pistes F : les règles à connaître

Les pistes islandaises ne sont pas des autoroutes non goudronnées. Certaines sont larges et roulantes, d’autres sont constituées de pierres, d’ornières et de passages délicats. La vitesse doit rester modérée, même lorsque la piste semble dégagée.

Pour un passage de rivière, descendez si nécessaire afin d’observer le fond et repérez la trajectoire. Évitez de changer de vitesse au milieu du gué. Une fois sorti, testez doucement les freins. Cette précaution simple peut éviter une mauvaise surprise dans les kilomètres suivants.

Budget, équipement et organisation

Un road trip en 4×4 en Islande représente un budget conséquent. La location du véhicule, le carburant, les hébergements et les activités peuvent rapidement s’additionner. Pour réduire les dépenses, réservez tôt, comparez les assurances et alternez nuits en guesthouse, hébergements avec cuisine et camping lorsque les conditions le permettent.

Prévoyez toujours :

Le camping sauvage est encadré en Islande et le bivouac en véhicule n’est pas autorisé partout. Utilisez les campings officiels et respectez les règles locales. Les paysages islandais semblent infinis, mais ils restent fragiles. Une mousse met des décennies à repousser après le passage d’un véhicule ou de randonneurs.

Voyager mieux dans une Islande fragile

Le succès touristique de l’Islande exerce une forte pression sur les sites naturels. Voyager en 4×4 implique donc une responsabilité supplémentaire. Restez sur les itinéraires autorisés, rapportez vos déchets, utilisez les sanitaires disponibles et évitez de bloquer les accès aux fermes ou aux habitations.

Privilégiez les prestataires locaux, prenez le temps de rester plusieurs nuits dans une même région et visitez les sites tôt le matin ou en fin de journée. Vous profiterez d’une lumière plus douce, d’une fréquentation réduite et d’une expérience souvent plus intime.

La vraie magie d’un voyage en 4×4 en Islande ne se trouve pas uniquement dans la performance du véhicule ou dans le nombre de pistes parcourues. Elle apparaît lorsque le moteur s’arrête, que le vent traverse la vallée et qu’un paysage immense se déploie sans réclamer autre chose qu’un peu d’attention. C’est peut-être cela, finalement, l’aventure islandaise : avancer loin, mais savoir quand s’arrêter.

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